La culture d'entreprise est innovante

Vous êtes entrepreneur et vous souhaitez vous installer en Nouvelle-Zélande ? Retrouvez l'interview complète de Nadine Plet, présidente de la FNZCCI depuis 2014. Elle répond à toutes nos questions sur le rôle de la Chambre de Commerce, sur la culture d'entreprise en Nouvelle-Zélande, les différences par rapport au marché français et les challenges du marché néo-zélandais. 

  • Quels sont, selon vous, les atouts de la Nouvelle-Zélande ?  

Une population multiculturelle

La Nouvelle-Zélande a joué la carte « immigration » depuis toujours, offrant à ce pays une population diversifiée et multiculturelle. Ceci a un impact culturel évident. Les meilleurs restaurants chinois et indiens sont près de chez moi! L’entreprise où je travaille compte plus de 27 nationalités. Nous fêtons Diwali et nous célébrons cette diversité en organisant des repas communs qui reflètent les différentes cultures.

Le respect de la culture maorie

Un autre de ses atouts majeurs est le "Traité de Waitangi", et le respect de la culture maorie. Je travaille dans le médical et le social où le respect de la culture maorie est très important, nous la vivons au quotidien. Je sais aussi que les écoles publiques et les universités ont un très grand respect pour la culture Maorie. J’ai assisté il y a quelques semaines à la remise des diplômes de ma plus jeune fille et toute l’introduction était en Maori avec Wiata et Hakas. Très impressionnant et prenant ! Un vrai plaisir (j’ai aussi suivi à l’université d’Auckland des études de Maori).

  • Comment pourriez-vous décrire la culture d’entreprise en Nouvelle-Zélande ? Quelles sont les différences majeures par rapport à la France ?
La culture d’entreprise est innovante

La culture d’entreprise est innovante et est facilitée par la simplicité des démarches ainsi que des systèmes de taxes. Le Ministère du développement des Affaires et de l’Emploi (MBIE) publie des matrices de documents pour les petites et moyennes entreprises (finances, plan stratégique, plan business, projet et comment présenter son projet…). Ces matrices sont très faciles à suivre et correspondent aux normes à utiliser pour le retour annuel auprès de l’IRD.

Les plans stratégiques de développement en priorité pour la Nouvelle-Zélande sont aussi publiés sur le site du MBIE et tous les marchés publics sont obligatoirement publiés sur GETS. (Government Electronic Tendering System).

La différence se traduit aussi par la facilité d’avoir des informations par téléphone sans faire des queues interminables au guichet et sans remplir des formulaires multiples.

L’impact de la culture Maorie est important

Pour certains entrepreneurs et secteurs d’activités, l’impact de la culture Maorie est important. Il y a un profile de Tikanga Maori (Guide de savoir-vivre et des bonnes pratiques) sur le site NZTE.  Les réunions avec les Maoris (hui) doivent respecter le protocole Maori et les entreprises françaises doivent aussi éviter d’utiliser des mokos sans autorisation au préalable des tribus concernées. Chaque tribu a un profil de moko spécifique car le moko représente le whakapapa (les ancêtres).

  • Les performances économiques en NZ suscitent un certain intérêt en France. Quels sont les secteurs porteurs en Nouvelle Zélande ?

Les secteurs économiques porteurs sont le tourisme, l’agroalimentaire, le freight maritime ou encore le développement technologique. Ils sont tous mentionnés sur le site internet de la FNZCCI dans le document « Réussir en Nouvelle-Zélande ».

Un terrain d'essai pour de nouveaux produits

Il ne faut pas oublier que la Nouvelle-Zélande est souvent utilisée comme terrain d’essai pour certains développements technologiques ! Le pays représente, à plus petite échelle, les difficultés de structure retrouvées en Europe, surtout en logistique. La population n’est que de 4 millions, donc si ça ne fonctionne pas, les dégâts sont limités. La Nouvelle-Zélande a été par exemple, le terrain d’essai du développement des transactions bancaires par internet.

La Nouvelle-Zélande est aussi un terrain d’essai idéal pour certains produits alimentaire et leur distribution. La logistique à gérer représente certaines difficultés que les entreprises auront en Europe.

  • Quels sont les principaux défis que les entreprises françaises doivent relever en Nouvelle-Zélande ?

Des difficultés pour recruter du personnel qualifié

L’éloignement est une force mais aussi une faiblesse. Cela crée des challenges spécifiques pour les entreprises en termes de recrutement de personnel qualifié notamment, sur place ou depuis la France, parlant couramment anglais et maitrisant les idiomes néo-zélandais.

Une bonne compréhension du marché local

Une bonne compréhension du marché local, différent du marché européen et australien, est indispensable. La FNZCCI peut faciliter une compréhension du marché local néo-zélandais. Beaucoup d’entreprises pensent à tort que « si ça marche en Australie, ça marchera en Nouvelle Zélande ».  Des produits très connus en ont fait les frais. De même, les normes acceptées en Australie, ne sont pas forcément acceptées en Nouvelle-Zélande. Les normes de réglementation de matériel avec une alimentation électrique ne sont par exemple pas les mêmes entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

  • Quelles sont les conditions et les démarches à entreprendre pour créer une entreprise en Nouvelle-Zélande ?

Les démarches sont très simples (voir le site sur le MBIE.govt.nz). Il est important avant d’entreprendre quoique ce soit de s’assurer d’avoir le visa qui corresponde aux critères des démarches commerciales ainsi que l’enregistrement auprès des impôts (IRD pour la GST).

  • Que conseilleriez-vous aux entrepreneurs français intéressés pour se développer en NZ ?
 Philippe Meneut (Directeur de NZS et conseiller en immigration) et Nadine Plet (Presidente de la FNZCCI)

Philippe Meneut (Directeur de NZS et conseiller en immigration) et Nadine Plet (Presidente de la FNZCCI)

Au départ, afin de s’assurer de faire les démarches correctement, je leur conseillerais de passer via la FNZCCI. Si l’entrepreneur veut s’installer durablement en Nouvelle-Zélande, il est conseiller de passer par un(e) conseiller(e) en immigration agréé(e) par le gouvernement néo-zélandais, car l’immigration devient de plus en plus compliquée.

Il est aussi indispensable d’avoir une excellente maîtrise de l’anglais et de réaliser que la Nouvelle-Zélande est dans l’hémisphère Sud : la période des congés est donc en décembre-janvier…

Enfin, il faut comprendre que les équivalences de diplômes prennent du temps et que certains diplômes ne sont pas forcément automatiquement reconnus. Certaines catégories professionnelles exigent non seulement une excellente connaissance de l’anglais mais aussi un enregistrement de la qualification en Nouvelle-Zélande afin d’exercer une profession. Tout cela prend du temps…

  • Avez-vous quelque chose a ajouter ?

La Nouvelle Zélande est un pays qui offre pleins d’opportunités. Tout est facilité pour l’entreprenariat. Il faut s’armer dès le départ de bons conseils et du soutien des professionnels et ne surtout pas hésiter à contacter la FNZCCI.  


ZOOM SUR LA FNZCCI 

La FNZCCI, en tant que membre du réseau CCI France International, propose une gamme complète de services, destinée à appuyer les entreprises françaises dans leur volonté d'aborder le marché néo-zélandais, que ce soit pour exporter, trouver des partenaires commerciaux ou s'implanter en Nouvelle-Zélande. 

  • Quel est le rôle de la Chambre de Commerce franco-néo-zélandaise ?

Notre rôle principal est le réseautage professionnel, afin de faciliter les entreprises à se développer.

Nous répondons aussi aux demandes de services par certaines entreprises, surtout concernant l’installation ou l’exportation de leurs produits en Nouvelle-Zélande. La FNZCCI a un service de domiciliation qui permet aux entreprises, sans être obligées de s’installer en Nouvelle-Zélande, de faire des recherches d’opportunités et de faciliter une transition.

Nous établissons également des liens ciblés pour ces entreprises, liens qui correspondent à leurs requêtes et leurs demandes pour leur évite de perdre du temps.

Nous organisons également des évènements variés afin de faciliter ces réseautages. Nous avons 3 évènements par an, qui sont plutôt liés à la culture française : pétanque, le 14 juillet et le Beaujolais. Nous animons ensuite des conférences sur le thème de l’export, le marketing ou l’installation d’entreprises néo-zélandaises en France ou dans le Pacifique (Nouvelle Calédonie, et Tahiti) ou des entreprises françaises installées en Nouvelle-Zélande.

  • Quels sont les axes développés par la FNZCCI dernièrement ?

Notre priorité est le développement de services et de valeur ajoutée pour nos adhérents. Nous favorisons notamment nos adhérents en transmettant leurs coordonnées lorsque nous avons des requêtes qui correspondent à leur profile et leur secteur d’activité. Cela leur donne un lien commercial direct. Nous ne prenons ni commission, ni charge. Cela fait partie des services de la FNZCCI.

Nous mettons par ailleurs à l’honneur le succès des entreprises. Cette année, nous avons par exemple organisé un évènement autour du succès en France de « Orion Health », du développement en France de « Icebreaker », du développement en Nouvelle-Zélande de « Sigfox » et « ThinXtra ».

 Bureau 2016/2017 de la FNZCCI

Bureau 2016/2017 de la FNZCCI

Une fois par an, nous organisons aussi un évènement spécifique sur les développements et opportunités commerciales qui peuvent exister entre le Pacifique Sud (Nouvelle-Calédonie et Tahiti) et la Nouvelle-Zélande. Nous sommes aussi en train de développer des services pour les entreprises qui veulent s’installer en Nouvelle-Zélande.

Enfin, nous avons démarré une nouvelle série d’évènements uniquement concentrée sur le réseautage : « les Meet Up Events ». Ils ont lieu le deuxième mardi du mois au Restaurant Touquet, adhérent à la FNZCCI. 


Portrait de Nadine Plet, Presidente de la FNZCCI

 Nadine PLET à droite (Presidente de la FNZCCI) et Kirsty REYNOLDS à gauche (Vice-presidente de la FNZCCI)

Nadine PLET à droite (Presidente de la FNZCCI) et Kirsty REYNOLDS à gauche (Vice-presidente de la FNZCCI)

  • Quel est votre parcours professionnel ?

Je suis arrivée en Nouvelle-Zélande en 1986, à l’époque j’étais infirmière de bloc opératoire. J’ai exercé ma profession jusqu’en janvier 1992. J’ai ensuite étudié à AUT et obtenu un diplôme d’interprète et traducteur, et d’enseignant anglais seconde langue. Puis j’ai étudié à l’université d’Auckland un « Post Graduate Diploma - School of Business & International Marketing ».

Lorsque ma plus jeune fille a eu 5 ans j’ai rejoint un emploi rémunéré. Pendant 7 ans « d’inactivité professionnelle », j’ai été très impliquée dans la communauté locale française en créant notamment un playgroup, puis une association avec un groupe de parents, et ensuite en mettant en place une section bilingue franco-néo-zélandaise au sein d’une école primaire publique néo-zélandaise. C’était une première….

  • Pourquoi avez-vous choisi de vivre en Nouvelle-Zélande ?

Je voulais partir pour un an dans un pays lointain, ensoleillé et entouré d’eau. Au départ j’avais envisagé l’Australie, comme je n’ai pas eu le visa à l’époque, je suis allée en Nouvelle-Zélande.  Avec ma formation je n’ai eu aucun problème.

  • Comment s’est passée votre installation ?

Ce n’était pas évident. Je suis arrivée juste après l’évènement du « Rainbow Warrior » et il ne faisait pas bon de parler avec un accent français à l’époque. Depuis les choses ont beaucoup changées. A l’époque le courrier mettait en moyenne 7 jours, les colis 6 semaines, il n’y avait pas de méls ni d’internet.  On devait chronométrer les communications téléphoniques pour ne pas dépasser un certain seuil qui nous faisait payer le double ! L’éloignement se faisait cruellement sentir.

Les pubs fermaient le vendredi soir à 23h et tout était fermé le week-end. Je me souviens être dans un supermarché quelque jours après mon arrivée à 16h30 et une annonce faite aux clients d’aller aux caisses pour payer. Je pensais que c’était une blague… pas du tout ! Le personnel passait dans les rayons pour s’assurer du départ du client. Je me suis rendue compte que les supermarchés fermaient à l’époque à 17h.