Après une période marquée par la récession et un ralentissement économique sensible, la Nouvelle-Zélande semble enfin entrer dans une phase plus constructive. Selon les économistes de l’ASB, 2026 pourrait devenir une année charnière, marquant le début d’une reprise plus solide et mieux structurée. Si tous les indicateurs ne sont pas encore au vert, les fondamentaux montrent une amélioration progressive et encourageante.
1. Les ménages entre pression et soulagement
Le coût de la vie reste élevé et le marché du travail demeure plus prudent qu’avant la crise. Toutefois, la baisse des taux d’intérêt commence à produire des effets tangibles sur l’économie domestique.
Près de 40 à 50 % des prêts immobiliers à taux fixe devraient être renégociés dans les prochains mois. Cette évolution devrait faire passer le taux moyen des crédits immobiliers d’environ 5 % actuellement à 4,7 % d’ici fin 2026.
Ce rééquilibrage devrait contribuer à :
Une reprise progressive de la consommation des ménages
Une amélioration de la confiance des entreprises, déjà en nette progression
Une stabilisation graduelle de l’emploi
Comme le souligne Mark Smith : « La reprise ne tourne pas encore à plein régime, mais elle devient plus durable. »
2. Une politique monétaire désormais plus mesurée
Après une série de baisses marquées du taux directeur en 2025, la Banque centrale néo-zélandaise semble désormais privilégier la stabilité. Le cycle d’assouplissement engagé l’an dernier - avec une réduction cumulée de 200 points de base ayant ramené l’OCR à 2,25 % - continue de produire ses effets dans l’économie réelle.
Aujourd’hui, l’institution monétaire adopte une approche plus mesurée. Les ajustements déjà opérés soutiennent l’activité et il n’y a, à court terme, pas de nécessité d’intervenir de manière précipitée.
Même si un nouvel assouplissement en 2026 ne constitue pas l’hypothèse privilégiée, il reste envisageable en cas de ralentissement plus marqué, que ce soit en Nouvelle-Zélande ou à l’international.
À plus longue échéance, le scénario central évoque plutôt un léger resserrement à partir de 2027 - de l’ordre de 50 points de base - dont le calendrier dépendra étroitement de l’évolution de l’inflation et des tensions économiques mondiales.
3. Une année électorale sous surveillance
La Nouvelle-Zélande entre dans une année électorale, période qui peut parfois favoriser des décisions budgétaires à court terme. Pourtant, les enjeux structurels sont majeurs : modernisation des infrastructures, transition climatique, préparation du système de retraite.
Mark Smith rappelle que la dette publique a régulièrement augmenté ces dernières années et que les progrès sur ces grands défis nécessiteront un alignement politique, notamment sur :
Les investissements dans les infrastructures
La planification climatique
L’épargne-retraite
La stabilité politique et une vision de long terme seront déterminantes pour préserver la confiance des investisseurs.
4. L’intelligence artificielle : un levier stratégique à long terme
Au-delà des cycles économiques immédiats, l’intelligence artificielle représente une opportunité majeure pour la Nouvelle-Zélande.
Une étude de l’ASB estime que l’adoption de l’IA pourrait ajouter environ 20 milliards de dollars au PIB réel d’ici 2040. Des gains supplémentaires pourraient également provenir du développement des centres de données et des infrastructures numériques.
La forte proportion d’électricité renouvelable en Nouvelle-Zélande constitue un avantage compétitif naturel. Toutefois, la sécurité énergétique et les investissements dans les infrastructures resteront des conditions essentielles pour capter pleinement ce potentiel.
5. Un environnement international toujours incertain
Le contexte mondial demeure instable et continuera d’influencer les perspectives économiques du pays.
Les exportateurs néo-zélandais devront naviguer dans un environnement marqué par :
L’évolution des politiques commerciales américaines
L’instabilité politique internationale
Les prochaines élections de mi-mandat aux États-Unis
Malgré ces incertitudes, le secteur exportateur néo-zélandais a démontré une grande résilience.

