Si je vous parle d’un fruit vert aux multiples vertus — excellent pour la santé, bénéfique pour la peau, les cheveux et bien plus encore — avez-vous deviné de quel fruit il s’agit ? Oui, l’avocat.
Au fil des décennies, la Nouvelle-Zélande s’est imposée comme un acteur reconnu de l’industrie mondiale de l’avocat. Bien qu’elle ne représente qu’environ 2 % de la production mondiale, elle figure pourtant parmi les neuf plus grands exportateurs internationaux. Une performance portée par la qualité exceptionnelle de ses fruits, un savoir-faire agricole éprouvé et un engagement fort en faveur de pratiques durables. Cultivés principalement dans les régions de Bay of Plenty et du Northland, les avocats néo-zélandais bénéficient de conditions climatiques idéales, garantissant une production régulière, fiable et reconnue pour son excellence.
Des variétés adaptées à tous les goûts
Hass : le champion incontesté
La variété Hass domine largement la production néo-zélandaise, représentant environ 95 % des volumes cultivés. Facilement reconnaissable à sa forme ovale et à sa peau épaisse et granuleuse, elle fonce à maturité — un indicateur très apprécié des consommateurs.
Disponibilité principale : d’août à avril
Reed : le géant vert
Les avocats Reed se distinguent par leur grande taille, leur forme ronde et leur peau verte qui ne fonce pas à maturité. Leur apparence singulière en fait une alternative visuelle intéressante sur les étals.
Disponibilité : de février à juin
Fuerte : l’élégance en forme de poire
Avec leur forme caractéristique en poire et leur peau fine et lisse, les avocats Fuerte restent verts même à maturité. Leur saveur délicate et leur texture fondante séduisent les amateurs en quête de diversité.
Disponibilité : de juillet à octobre
Carmen : deux récoltes, deux expériences
La variété Carmen est unique en son genre puisqu’elle offre deux récoltes par an :
une récolte de printemps proche du Hass,
une récolte d’automne avec des fruits plus gros, plus ronds et à la peau plus lisse.
Un atout majeur pour prolonger la disponibilité des avocats sur le marché.
Maluma : une alternative raffinée
Moins répandus en Nouvelle-Zélande, les avocats Maluma se caractérisent par une peau sombre à maturité, une taille légèrement supérieure au Hass et un col plus prononcé. Ils offrent une expérience gustative et visuelle distinctive, appréciée des connaisseurs.
Une disponibilité toute l’année, avec quelques creux saisonniers
Les avocats sont disponibles 12 mois sur 12 sur le marché néo-zélandais. Particularité notable : la Nouvelle-Zélande n’importe pas d’avocats. Tous les fruits consommés localement sont cultivés sur le territoire.
Toutefois, en raison de leur capacité limitée de conservation en stockage prolongé, l’offre diminue légèrement :
entre mi-mars et fin mars,
puis entre mi-juin et fin juin, entre deux saisons de récolte.
En moyenne :
25 à 30 % de la récolte est vendue sur le marché local,
jusqu’à 10 % est destinée à la transformation, notamment pour la production d’huile d’avocat.
Les producteurs doivent choisir s’ils orientent leur production vers le marché intérieur ou l’exportation. Ce choix influence les normes de sécurité alimentaire, les certifications requises et les contrats logistiques. Pour l’export, l’accompagnement par un emballeur ou un exportateur agréé est essentiel.
Un secteur tourné vers l’export et l’avenir
La Nouvelle-Zélande exporte des avocats depuis plus de 45 ans et dispose aujourd’hui d’un accès à plus de 80 marchés internationaux, un record dans l’industrie. Innovation, durabilité, sécurité alimentaire et production éthique sont au cœur de la stratégie de la filière, qui s’impose comme un modèle d’agriculture moderne, résiliente et tournée vers l’avenir.
L’industrie de l’avocat en quelques chiffres
Environ 7 millions de plateaux produits chaque année
Plus de 4 000 hectares d’avocatiers plantés en Nouvelle-Zélande
Près de 1 800 producteurs actifs
Une valeur estimée à 150 millions de dollars, dont :
100 millions de dollars issus des exportations
50 millions de dollars provenant du marché local
À l’horizon 2040, la surface productive pourrait atteindre 10 000 hectares, signe d’une forte confiance dans le potentiel du secteur
Des défis récents, mais des perspectives encourageantes
Les 18 derniers mois ont été particulièrement difficiles pour l’industrie. Les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, combinées à une baisse inattendue des exportations vers l’Australie, ont entraîné une chute des revenus à la sortie des vergers, atteignant un plancher d’environ 9,9 dollars par plateau l’an dernier.
La bonne nouvelle ? Les projections pour la saison en cours sont nettement plus optimistes, avec des revenus estimés autour de 15 dollars par plateau. Par ailleurs, la stratégie de diversification des marchés porte ses fruits : les exportations vers l’Asie ont bondi de plus de 300 % en un an, ouvrant de nouvelles perspectives pour l’ensemble de la filière.

