Skilled Migrant Category : les évolutions et limites de la réforme

Le gouvernement néo-zélandais a annoncé une réorganisation importante du visa de résidence Skilled Migrant Category (SMC) qui devrait entrer en vigueur en août 2026. Ces changements visent à moderniser le système d’immigration économique du pays et à faciliter l’accès à la résidence pour certains travailleurs qualifiés. La réforme marque notamment un déplacement progressif du modèle actuel, historiquement basé sur les diplômes et les seuils de points, vers une approche davantage centrée sur l’expérience professionnelle et l’emploi qualifié en Nouvelle-Zélande. Toutefois, malgré ces évolutions positives pour certains profils, plusieurs problèmes structurels du système d’immigration néo-zélandais demeurent non résolus. Nos expertes en immigration font le point avec vous.

 

Deux nouveaux parcours vers la résidence

À partir d’août 2026, les migrants éligibles pourront demander la résidence via deux nouveaux parcours principaux.

Le Skilled Work Experience Pathway

Ce parcours s’adresse principalement aux professionnels occupant des postes qualifiés correspondant aux niveaux de compétence ANZSCO 1 à 3.

Pour être éligible, un candidat devra :

  • justifier d’au moins cinq ans d’expérience professionnelle directement pertinente

  • dont au moins deux ans en Nouvelle-Zélande

  • être rémunéré à au moins 1,1 fois le salaire médian néo-zélandais

Ce pathway met clairement l’accent sur l’expérience professionnelle réelle plutôt que sur les qualifications académiques.

 

Le Trades and Technician Pathway

Le Trades and Technician Pathway vise les travailleurs des métiers techniques et spécialisés.

Les conditions incluent :

  • une qualification pertinente de niveau 4 ou supérieur

  • au moins quatre ans d’expérience professionnelle après l’obtention de la qualification

  • dont 18 mois d’expérience en Nouvelle-Zélande, rémunérée au moins au salaire médian

Ce parcours pourrait offrir une opportunité importante pour les travailleurs qualifiés des secteurs techniques, qui ont parfois eu des difficultés à accéder à la résidence sous les règles actuelles.

 

Comment la réforme de 2026 modifie la Skilled Migrant Category

La réforme annoncée pour août 2026 ne supprime pas totalement le système actuel basé sur les points, mais elle modifie en profondeur la logique du programme. Alors que le cadre introduit en 2023 reposait principalement sur les diplômes, le niveau de salaire ou une registration professionnelle, la nouvelle structure accorde désormais une place beaucoup plus importante à l’expérience professionnelle et à l’emploi qualifié en Nouvelle-Zélande.

Le tableau ci-dessous permet de mieux comprendre les principales différences entre le système actuel et celui qui entrera en vigueur en 2026.

AspectSkilled Migrant Category avant 2026Skilled Migrant Category à partir d’août 2026
Structure généraleSystème à 6 points introduit en octobre 2023. Les points sont principalement obtenus via un facteur principal (qualification universitaire, registration professionnelle ou salaire élevé), avec éventuellement de l’expérience professionnelle en Nouvelle-Zélande.Le système reste basé sur des points, mais introduit deux parcours de résidence clairement définis : Skilled Work Experience et Trades and Technician. L’éligibilité peut désormais être obtenue grâce à l’expérience professionnelle et aux qualifications techniques.
Conditions principalesEmploi qualifié ou offre d’emploi (généralement ANZSCO niveau 1 à 3) au-dessus du seuil salarial requis. Candidats âgés de 55 ans ou moins et répondant aux critères de santé, moralité et anglais.Conditions globalement similaires : emploi qualifié requis, âge maximum de 55 ans, et respect des critères de santé, moralité et anglais.
Rôle des diplômes universitairesLes diplômes universitaires constituent une source majeure de points dans le système.Les diplômes universitaires ne sont plus indispensables si le candidat dispose d’une expérience professionnelle suffisante.
Expérience professionnelle en Nouvelle-ZélandePas systématiquement requise ; l’éligibilité dépend davantage du salaire et du nombre de points.L’expérience en Nouvelle-Zélande devient un critère clairement défini selon chaque parcours : 2 ans pour le Skilled Work Experience Pathway et 18 mois pour le Trades and Technician Pathway.

Qui pourrait bénéficier de ces changements ?

Les nouvelles voies vers la résidence pourraient particulièrement bénéficier à plusieurs profils de migrants qui rencontrent aujourd’hui des obstacles dans le système actuel :

  • les travailleurs expérimentés sans diplôme universitaire

  • les professionnels des métiers techniques disposant de qualifications professionnelles

Les candidats devront toutefois toujours satisfaire aux critères standards de résidence, notamment :

  • les exigences de santé

  • les critères de moralité (character)

  • les exigences linguistiques en anglais

 

Les nouvelles règles concernant les salaires

Un changement important concerne la manière dont les seuils de salaire médian seront appliqués. Dans certains cas, les candidats pourront être éligibles à la résidence même s’ils gagnent moins que le salaire médian au moment de leur demande, à condition de pouvoir utiliser leur expérience professionnelle en Nouvelle-Zélande pour obtenir les points nécessaires.

Dans cette situation, ils devront simplement être rémunérés au niveau salarial requis pour que leur expérience professionnelle soit reconnue.

En revanche, les candidats qui n’ont pas besoin de compter leur expérience professionnelle en Nouvelle-Zélande, par exemple ceux qui obtiennent déjà 6 points grâce à leur qualification, leur salaire ou une registration professionnelle, devront satisfaire au seuil salarial en vigueur au moment du dépôt de la demande de résidence.

 

Un problème structurel toujours non résolu

Malgré ces évolutions, un problème majeur du système d’immigration néo-zélandais reste en suspens : le décalage entre la National Occupation List (NOL) et la classification ANZSCO.

Ces deux systèmes évaluent les métiers selon des critères différents, ce qui peut créer des situations incohérentes.

Par exemple :

  • une profession peut être classée niveau 1 à 3 sur la National Occupation List, ce qui permet d’obtenir un visa de travail AEWV de cinq ans

  • mais rester classée niveau 4 ou 5 dans ANZSCO, ce qui empêche l’expérience professionnelle correspondante d’être reconnue pour une demande de résidence.

Dans ces cas, le migrant devra généralement gagner au moins 1,5 fois le salaire médian pour être éligible à la résidence.

 

L’impact de l’augmentation du salaire médian en 2026

La situation est encore compliquée par l’augmentation du salaire médian d’immigration, qui passera à 35 NZD par heure à partir du 9 mars 2026.

Cela entraînera les nouveaux seuils suivants :

  • 1,0 × salaire médian : 35 NZD / heure

  • 1,1 × salaire médian : 38,50 NZD / heure

  • 1,5 × salaire médian : 52,50 NZD / heure

Pour de nombreuses professions classées ANZSCO niveau 4 ou 5, atteindre un salaire supérieur à 50 NZD de l’heure reste difficilement réaliste pour les employeurs.

Cela crée une fracture entre :

  • l’accès aux visas de travail temporaires

  • et la possibilité réelle d’obtenir la résidence

Ainsi, certains migrants pourraient continuer à obtenir des visas de travail de longue durée sans véritable voie vers la résidence.

 

Ce que ces changements signifient pour les employeurs

Pour les entreprises néo-zélandaises, cette réforme entraîne également plusieurs implications importantes.

Les employeurs devront désormais :

  • anticiper davantage les conditions de résidence de leurs employés migrants

  • tenir compte des seuils de salaire et des classifications de métiers

  • clarifier les attentes des employés concernant les perspectives de résidence

Tant que les règles définitives concernant les listes d’occupation et les exigences de preuve ne seront pas publiées, une certaine incertitude persistera pour les employeurs comme pour les migrants.

 

D’autres précisions attendues en 2026

Le gouvernement devrait publier des informations supplémentaires d’ici mai 2026, notamment concernant :

  • les listes d’occupations éligibles

  • les seuils de salaire applicables

  • les preuves requises pour démontrer l’expérience professionnelle

Ces éléments seront déterminants pour comprendre l’accessibilité réelle des nouveaux parcours vers la résidence.

 

Chaque situation étant différente, il est recommandé de consulter un professionnel qualifié pour obtenir un avis adapté à votre projet d’immigration. Nos conseillères en immigration agréées par le gouvernement sont à votre disposition pour vous guider dans votre projet.