Changements en perspective pour l’Overseas Investment Act

Le gouvernement néo-zélandais a annoncé fin février 2025 vouloir réformer sa politique d'investissement à l'étranger (Overseas Investment Act). David Seymour, ministre associé des finances, évoque  une série de réformes visant à simplifier l'accès aux capitaux étrangers pour les entreprises locales. Objectif : stimuler la croissance économique, améliorer la productivité et augmenter les salaires. Des annonces faites suite à plusieurs autres mesures gouvernementales visant à relancer la croissance économique, priorité pour le Premier ministre Christopher Luxon cette année. New Zealand Services fait le point avec vous.

 

Un cadre plus favorable aux investissements étrangers

Actuellement, la Nouvelle-Zélande figure parmi les pays développés les plus restrictifs en matière d'investissement étranger. Cette rigidité législative freine l'afflux de capitaux et limite l'innovation, malgré l’exemple du pays voisin : l’Australie. Pour y remédier, le gouvernement prévoit :

  • Une meilleure reconnaissance des avantages économiques de l'investissement étranger.

  • Un délai de traitement des demandes réduit à 15 jours pour la plupart des investissements, à l'exception des terrains résidentiels, des terres agricoles et des quotas de pêche.

  • Un renforcement du pouvoir de l’agence Land Information New Zealand (LINZ) pour accorder des autorisations et des dérogations aux investisseurs étrangers sans intervention ministérielle.

  • Une capacité accrue du gouvernement à bloquer les transactions contraires à l'intérêt national.

 

Des réformes essentielles

Selon David Seymour, ces réformes sont essentielles pour améliorer la productivité du pays. Une entreprise ayant accès à des investissements étrangers peut acquérir de meilleures technologies, se développer plus rapidement et offrir des salaires plus élevés à ses employés. Les chiffres sont parlants : « Notre ratio capital/travail a très peu progressé au cours des dix dernières années, avec une moyenne d'environ 0,7 % par an. Ce chiffre est à comparer à une croissance d'environ 2 % par an au cours des 10 à 15 années précédentes. Sans surprise, la croissance de la productivité a été en moyenne de 1,4 % par an entre 1993 et 2013, mais de seulement 0,2 % entre 2013 et 2023 ». Une tendance que le gouvernement espère inverser grâce à cette nouvelle approche.

 

Des investissements plus fluides et mieux ciblés

Chaque année, environ 14 milliards de dollars sont investis en Nouvelle-Zélande dans des actifs commerciaux, des forêts et des terrains non agricoles. Le gouvernement souhaite lever les barrières inutiles à ces investissements tout en préservant les protections existantes sur les terrains résidentiels et agricoles.

Un assouplissement est en route pour faciliter l'achat de projets de construction locative par des investisseurs étrangers, une mesure qui devrait avoir un impact positif sur le marché immobilier et répondre à la crise du logement.

 

Une vision politique qui demande des actions concrètes

Si ces réformes semblent aller dans la bonne direction, leur mise en œuvre effective sera le véritable test de la volonté politique. Le gouvernement a déjà simplifié le visa investisseur, un premier pas encourageant vers une attractivité renforcée de la Nouvelle-Zélande pour les capitaux internationaux. Reste à voir au cours de l’année quelles mesures concrètes seront pensées et adoptées pour transformer ces ambitions politiques en réalités économiques durables. Le gouvernement de Christopher Luxon s’est engagé à réformer le texte de l’Overseas Investment Act dans les prochains mois, avec un vote prévu en fin d’année.