Te Reo Māori

Le Maori, Langue officielle de Nouvelle-Zélande

La langue Maori a beaucoup évolué ces 200 dernières années (te reo Māori). Au début du 19ème siècle, le Maori était la première langue parlée en Nouvelle-Zélande. Puis, l’arrivée de nombreux Anglophones, a peu à peu confiné l’usage du Maori dans les communautés Maori. Dans les années 1950’, la langue Maori risquait même de disparaitre. 

 

Un pays, plusieurs dialectes

La langue Maori a connu des évolutions régionales sur plusieurs siècles en raison de l’isolement des différentes communautés sur le territoire et de l’absence de transmission écrite du langage autre qu’à travers les symboles gravés dans le bois. 

Le Maori, une langue commune pour la communication

A l’arrivée des premiers colons, la langue Maori est la seule langue commune pour communiquer en Nouvelle-Zélande. Les colons l’utilisent pour le commerce avec les communautés Maori. 

Avec l’augmentation de la population, le besoin d’écrire la langue Maori se fait sentir. Quelques missionnaires commencent à transmettre par écrit la langue Maori en 1814. Le professeur Samuel Lee de l’Université de Cambridge travaille alors avec le chef Hongi Hika pour systématiser l’écrit du Maori en 1820. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que les communautés Maori mettent en place l’enseignement de la langue (écriture et lecture) dans un premier temps à l’aide de craie et de feuilles, de gravures sur bois ou peau de bête, en l’absence de papier.

Jusque dans les années 1870’, le Maori est couramment utilisé par les officiers du gouvernement, les missionnaires et les néo-zélandais d’origine européenne (appelés Pākehā). Les réunions politiques sont conduites en Maori. Il y a également une édition des journaux en Maori avec une traduction anglaise. 

Kōrero Pākehā

Au début des années 1860’, les Pākehā (habitants néo-zélandais d’origine européenne) deviennent majoritaires dans le pays. L’anglais devient ainsi progressivement la langue dominante du pays.

Les colons perdent peu à peu de vue l’importance de maintenir la langue Maori comme expression de la culture du pays et l’identité d’une partie de sa population. Le Maori est progressivement abandonné dans les actes officiels et supprimé à l’école dans les manuels et les cours de récréation pour obliger les jeunes Maoris à parler anglais. « Si tu veux gagner ta vie, tu dois parler anglais » était le message des professeurs. Dans les années 1920’, seules quelques écoles privées enseignent encore le Maori. Les parents eux-même encouragent leurs enfants à apprendre l’anglais et s’éloignent des coutumes Maori.

Malgré la promotion de l’anglais, la langue Maori survit. Jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, la plupart des Maori parle toujours Maori comme langue maternelle. 

Une évolution de la langue

La langue Maori évolue au contact des autres langues, comme l’anglais et les langues polynésiennes. La Seconde Guerre Mondiale entraine aussi de nombreux changements dans la société Maori. Les années après-guerre sont synonymes de développement des villes en Nouvelle-Zélande. De nombreux Maori quittent alors les campagnes pour trouver du travail. Les enfants se retrouvent scolarisés dans des écoles où le Maori n’est plus enseigné.

L’usage du Maori décline rapidement. Dans les années 1980’, seuls 20% de la population parlent encore Maori au quotidien.

La langue Maori au centre de l’identité Maori

culture-maori

Ce n’est que dans les années 1970 que la langue Maori reprend sa place au cœur de l’identité et de la culture Maori. Des figures charismatiques de la communauté Maori s’engagent dans la défense de la langue. En 1972, 3 mouvements déposent une pétition auprès du parlement pour défendre la langue. La journée de la langue Maori devient la semaine de la langue Maori en 1975. 3 ans plus tard, la première école bilingue Anglais/ Maori ouvre officiellement ses portes à Rūātoki. 

La contreverse « Kia Ora »

Progressivement, de plus en plus de mots Maori sont entendus à la radio, à la télé et lus dans la presse. La 1ère émission télé en Maori intitulée "Koha" est diffusée en 1980. En 1984, lorsque l’opératrice Naida Glavish (of Ngāti Whātua) de la compagnie nationale de téléphone salue ses interlocuteurs d’un « Kia Ora », cela ne plait pas à sa direction qui lui ordonne de ne parler qu’anglais. L’opératrice maintient l’usage de cette expression Maori de bienvenue dans ses communications. La direction la démet de ses fonctions.

Cet épisode connu comme la contreverse « Kia Ora » fait grand bruit sur la scène publique.

 Credit :  Alexander Turnbull Library  - Marche de protestation lors de la semaine de la langue Maori

Credit : Alexander Turnbull Library - Marche de protestation lors de la semaine de la langue Maori

Naida Glavish recoit beaucoup de soutien et devient « the kia ora lady ». En signe de soutien, les pilotes d’avion se mettent à accueillir leurs passagers avec un « Kia Ora ». Avec l’intervention du Premier Ministre Robert Muldoon, Glavish retrouve son poste et est même promue !

Le Maori Language Act

Les mesures pour protéger et promouvoir la langue Maori s’accélèrent en 1985. Cette année-là, le tribunal de Waitangi reconnait que Te Reo Māori (la langue Maori) est un trésor et une richesse que le gouvernement se doit de protéger dans le cadre du Traité de Waitangi. Plusieurs mesures législatives sont alors mises en place jusqu’à la reconnaissance de la langue Maori comme langue officielle de Nouvelle-Zélande dans le Maori Language Act en 1987.

Petit Lexique Maori

  • Amour : Aroha/whakaipo
  • Anciens : Kaumatua
  • Avec : Ki te
  • Bouche d'une rivière : Pūao
  • Cadeau : Kowa
  • Canoë, pirogue : Waka
  • Chanson : Waiata
  • Chef : Rangatira
  • Choisir : Whiriwhiri
  • Chuchotter, murmurer : Kōhetehete
  • Comprendre, savoir : Pūrangiaho
  • Cousin : Kaihana
  • Danger : Tana mate
  • Danse : Kanikani
  • Danseur : Kaikanikani
  • Dormir : Moe
  • Eau : Wai
  • Enfants : Tamariki
  • Famille (étendue) : Whanau
  • Fille de : Tamahine
  • Fils :  de Tama
  • Généalogie : Whakapapa
  • Grand frère/sœur : Tuakana
  • Grand-mère : Tupuna wahine
  • Grand-père : Tupuna tāne
  • Grand, large : Nui
  • Homosexuel : Takatapui
  • Hurler : Tīwē
  • Ici : Konei
  • Il, elle : E ia
  • Ilôt : Motu
  • Ils, elles : Ratou
  • Invités : Manuhiri
  • Je : Ahau
  • Larme : Roimata
  • Ma, mon, mes : Aku
  • Ma, mon, mes + objet : Taku
  • Mère : Kōkara
  • Montagne : Maunga
  • Non-maori : Pakeha
  • Nourriture : Kai
  • Observer : Mau
  • Océan : Moana
  • Parle : rKōnero
  • Partager : Tohatoha
  • Pays d'origine : Whenua
  • Père : Matua / tāne, papa
  • Petit : Iti
  • Petit frère/sœur : Teina
  • Pouvoir : Mana
  • Précieux : Taonga
  • Profession, discipline : Akoranga
  • Rumeur : Kohimu
  • Seul, individuel : Takitahi
  • Sœur : Hēhita
  • Tribu : Iwi
  • Trouver : Kitea
  • Vie : Ora
  • Vous, tu :Koe
  • Voyager : Haere